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01/12/11

Le laboratoire Généthon, bras armé du Téléthon

Pour comprendre les enjeux du Téléthon, rien de tel qu'une visite au Généthon d'Evry. Créé en 1990, il emploie plus de 200 collaborateurs pour un budget annuel d'environ 27 millions d'euros. Dans le hall d'accueil, l'heure est déjà au Téléthon… du personnel.



A Généthon, la fin de l'année se traduit souvent par une excitation mêlée de stress, le laboratoire étant financé à 85 % par les dons du Téléthon. D'abord reconnu pour sa contribution à l'élaboration d'une cartographie du génome humain, Généthon a ensuite beaucoup contribué à l'identification des gènes responsables de maladies, avant de se tourner vers la mise au point d'outils de thérapie génique, puis vers les essais cliniques sur l'homme. « A Généthon, on développe des médicaments complexes de thérapie génique avec, d'un côté, un gène médicament et, de l'autre, un transporteur permettant au médicament d'atteindre sa cible », résume Frédéric Revah, directeur général. Parmi les trésors des lieux, une banque de 420 maladies rares, la plus grande d'Europe. « Toutes les maladies répertoriées ne sont pas d'origine génétique, mais il peut y avoir un terrain génétique favorable à leur apparition », remarque Thierry Larmonier, responsable du laboratoire. « Une maladie génétique est une erreur de lettre sur les 3,5 milliards dont est constitué l'ADN », précise-t-il. Au pôle imagerie, un microscope de 400 000 € offre des images en 3D pour étudier finement les cellules. Mais la nouveauté se situe à quelques encablures avec Bioprod, labo flambant neuf qui produira en 2012 des médicaments de thérapie génique pour l'homme.
Source : 20 min
http://www.20minutes.fr/article/834004/laboratoire-genethon-bras-arme-telethon

01/09/11

Un laboratoire américain forme à la sécurité alimentaire dans le monde

Le IFSTL est le premier laboratoire au monde à s'attaquer à tout un panel de contaminations potentielles.


Le laboratoire IFSTL répond à une nouvelle loi américaine qui demande au gouvernement américain d'"élargir les contrôles alimentaires techniques, scientifiques et réglementaires des gouvernements étrangers et de leurs industries agroalimentaires, qui exportent leurs produits aux États-Unis"(photo d'illustration).

Le laboratoire IFSTL répond à une nouvelle loi américaine qui demande au gouvernement américain d'"élargir les contrôles alimentaires techniques, scientifiques et réglementaires des gouvernements étrangers et de leurs industries agroalimentaires, qui exportent leurs produits aux États-Unis"(photo d'illustration). © Meigneux / Sipa


Un nouveau laboratoire destiné à former les scientifiques du monde entier à améliorer la sécurité alimentaire dans leur pays d'origine vient d'ouvrir ses portes dans la banlieue de Washington, couvrant un vaste éventail de contaminations possibles. Seule une infime partie des produits alimentaires circulant chaque année dans le monde est vraiment contrôlée : entre 1 % des importations aux États-Unis et 10 % au Japon. Pourtant, 1,8 million de personnes meurent chaque année d'intoxications alimentaires ou d'eau contaminée et "les pays en voie de développement en supportent le plus grand poids", selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

"Un objectif d'harmonisation des techniques"
Au Laboratoire international pour la formation au contrôle alimentaire (IFSTL), sur le campus de l'université du Maryland (est), des professeurs et des régulateurs du gouvernement américain, équipés de technologies d'analyse avancées, forment des scientifiques du monde entier à la sécurité alimentaire américaine. Selon sa directrice Janie DuBois, c'est le premier laboratoire de ce type au monde à s'attaquer, à l'aide de techniques variées, à tout un panel de contaminations potentielles, depuis les résidus de pesticide jusqu'aux microtoxines en passant par des bactéries, comme la salmonelle ou l'E. coli.

"Les États-Unis n'imposent pas leurs méthodes à d'autres pays, il y a vraiment un objectif plus noble d'harmonisation des techniques" dans le monde, explique Janie DuBois. "Ils veulent tous connaître la réglementation et savoir comment l'harmoniser avec leurs programmes scientifiques", dit-elle. Même si des épidémies meurtrières, comme la récente épidémie d'E. coli en Allemagne et en France, font les gros titres des journaux, le laboratoire IFSTL n'a pas été créé en réaction à une crainte particulière. Il répond à une nouvelle loi américaine qui demande au gouvernement américain d'"élargir les contrôles alimentaires techniques, scientifiques et réglementaires des gouvernements étrangers et de leurs industries agroalimentaires, qui exportent leurs produits aux États-Unis". Au cours de la dernière décennie, les importations alimentaires ont presque doublé aux États-Unis, de 41 milliards de dollars par an en 1998 à 78 en 2007, selon le ministère américain de l'Agriculture.

Une idée qui pourrait être exportée
Désormais, les gouvernements et les entreprises étrangères peuvent envoyer leurs chercheurs dans ce laboratoire américain pour un stage d'une semaine à 2 500 dollars. "Nous avons beaucoup appris ici", déclare à l'AFP Jackie Han, contrôleur chinois des additifs alimentaires, qui estime qu'"il y a peu d'informations en Chine". "Notre objectif est de créer des liens entre la Chine et les pays étrangers, entre les exportateurs et les importateurs alimentaires", souligne Han, qui fait partie de la toute première classe du laboratoire composée d'une dizaine d'étudiants de Chine et d'Indonésie. L'échange est fructueux pour la Chine qui cherche à améliorer la qualité de ses exportations alimentaires à destination des États-Unis, lesquelles sont en augmentation, mais également pour l'administration américaine qui veut limiter les dépenses liées aux inspections.

Agir différemment, alors que jusqu'à 60 % des produits et 80 % des fruits de mer consommés aux États-Unis sont importés, serait trop onéreux, selon Paul Young, directeur des analyses chimiques à Waters Corporation, qui a fourni des équipements sophistiqués au nouveau laboratoire. "Contrôler à l'importation n'est pas la solution", estime-t-il, affirmant que la solution est "dans le pays d'origine". Le laboratoire prévoit entre 15 et 20 programmes de formation par an, avec la perspective éventuelle d'exporter l'idée.

Source : AFP - Le Point

http://www.lepoint.fr/sante/un-laboratoire-americain-forme-a-la-securite-alimentaire-dans-le-monde-19-09-2011-1375053_40.php

17/07/11

Les grands labos pourront faire face aux déremboursements

La baisse en France du taux de remboursement de certains médicaments devrait avoir un impact limité sur les grands groupes pharmaceutiques mais elle pourrait affecter les petits laboratoires dont le portefeuille de produits est plus ancien et moins diversifié.

Afin de réduire la facture de la Sécurité sociale, l'Agence de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) a décidé de passer au crible 100 à 200 molécules avant la fin 2011 afin de juger de leur efficacité.

Au total, l'ensemble des produits qui on eu une autorisation de mise sur le marché avant 2005, soit 4.000 médicaments, sont potentiellement menacés de déremboursement si, selon le jargon de la Haute Autorité de Santé (HAS), leur "service médical rendu" était jugé insuffisant où faible.

L'Afssaps se prononce à partir des préconisations de la commission de la transparence de la Haute Autorité de santé (HAS) qui, régulièrement, passe en revue toute la pharmacopée française.

Ces mesures ont abouti l'an dernier à la réduction de 35% à 15% du taux de remboursement de près de 200 médicaments. Parmi eux, le désinfectant Hexomedine (Sanofi), le sirop Polery Enfant et la crème hydratante Dexeryl (Pierre Fabre) et le Tanakan d'Ipsen, un traitement des troubles de la mémoire chez les personnes âgées.


UN LONG PROCESSUS

Sur fond de suspicions d'effets secondaires hépatiques entourant le médicament, la HAS vient également de juger insuffisant le service médical rendu par le Multaq, l'anti-arythmique de Sanofi, aujourd'hui remboursé à hauteur de 65%.

Cette recommandation ouvre la voie à un déremboursement d'un médicament que le champion tricolore avait un temps classé comme un produit pouvant générer un milliard d'euros de ventes annuelles.

Ainsi, le scandale du Mediator a conduit l'agence, aiguillée par le ministère de la Santé, à surveiller de plus en plus étroitement le marché.

En présentant en juin dernier sa réforme du médicament, le ministre Xavier Bertrand avait été clair : la collectivité cessera de prendre en charge les produits au service rendu insuffisant.

"On va travailler dans ce sens et passer au crible à terme la pharmacopée et tous ceux qui feront l'objet d'un service médical insuffisant feront l'objet d'un déremboursement. C'est un processus qui est assez long", souligne-t-on au ministère de la Santé.

Toutefois, l'impact de cette décision est jugé marginal sur la santé d'un secteur dont la croissance est alimentée par les défis liés au vieillissement et par une demande de nouveaux médicaments.

Dans une étude, le groupe Heuler Hermes observe que la rentabilité des grands acteurs du système pourrait être menacée à moyen terme par le déficit structurel des régimes d'assurances maladie qui conduit à une baisse des taux de remboursement afin de contenir les dépenses de santé.

Mais le leader mondial de l'assurance-crédit constate aussi que pour affronter ces pressions, les "big pharma" savent rationaliser drastiquement leur coûts, en diminuant leur effectifs et en réalisant des opérations de croissance externe.

De fait, commente l'analyste d'une grande banque, "l'impact des déremboursements est limité pour les grands laboratoires car ils concernent la queue de portefeuille, surtout des produits de confort, et non des produits innovants".


L'ÉPAISSEUR DU TRAIT POUR SANOFI

Pour les grands groupes comme Sanofi, "ce sera l'épaisseur du trait", estime de son côté Arsène Guekam analyste chez CM-CIC.

Antoine Dupuy d'Angeac, gestionnaire de portefeuille à la société de gestion de fonds Acropole Asset Management, remarque aussi que chez Sanofi l'impact des mesures gouvernementales a été compensé par "des réductions de coûts extrêmement drastiques et par la baisse des budgets de recherche/développement".

De fait, les organisations syndicales déploraient récemment dans un communiqué la suppression par le laboratoire français de 4.500 emplois entre fin 2008 et 2014 grâce à la fermeture ou la vente de huit sites en France.

Néanmoins, les laboratoires non cotés, comme Fabre ou Servier, risquent d'être plus affectés par d'éventuels déremboursements.

Les experts pointent aussi le cas particulier d'Ipsen sur lequel plane une menace de déremboursement du Tanakan. Mais le dépôt par la société d'une nouvelle étude évaluant l'efficacité du principe actif du produit dans la prévention de la maladie d'Alzheimer pourrait inciter les autorités à revoir leur position.

En tout état de cause, les laboratoires dont les médicaments ne seront plus remboursés auront toujours la possibilité de vendre leurs molécules en libre accès là où les prix ne sont pas réglementés ce qui peut permettre de compenser partiellement la baisse de volume liée aux déremboursements.

Reste que les plus petits laboratoires ne sont pas toujours équipés pour poursuivre la vente de leurs produits dans ce circuit.

Source : Le nouvel observateur
Auteur : Noëlle Mennella

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/economie/20110708.REU4041/les-grands-labos-pourront-faire-face-aux-deremboursements.html









01/06/11

Laboratoires d'analyse médicale: un secteur en pleine phase de concentration

Le secteur de la biologie médicale, confronté à des changements réglementaires et à une pression sur ses prix, est engagé en France dans un important mouvement de concentration, qui favorise l'apparition de réseaux fédérant parfois plusieurs dizaines de laboratoires.

Dans un marché encore très éclaté - la France compte environ 4.000 laboratoires privés d'analyse médicale -, le mouvement a été lancé par l'ordonnance Ballereau du 13 janvier 2010.
En imposant notamment aux acteurs du secteur de s'accréditer selon la norme de qualité ISO 15189, elle pousse les laboratoires à se regrouper pour faire face à ce processus long et onéreux.
"La possible ouverture du capital des laboratoires à des investisseurs privés, l'entrée dans une démarche d'accréditation, le renouvellement difficile de la filière (départs massifs à la retraite) et surtout les pressions tarifaires exercées par l'assurance-maladie sont autant de menaces qui pèsent sur la biologie médicale française", rappellent en outre dans une récente étude Alexandre Boulègue et Arnaud Dessimond, du cabinet d'études Xerfi.
La complexité croissante de la technique, et les coûts qu'elle engendre, poussent aussi à ces rapprochements.
La loi française limite toujours à 25% la participation que peuvent détenir des investisseurs non-biologistes dans un laboratoire ou un groupement, une position récemment confortée par une décision de la Cour européenne de justice, mais "une plus large ouverture du capital à des investisseurs privés paraît inéluctable", estiment MM. Boulègue et Dessimond.
A l'heure actuelle, cette limitation à une "financiarisation" du secteur, dénoncée par de nombreux biologistes, oblige certains groupes à "des montages financiers complexes" pour s'y conformer, ajoutent-ils.
Elle n'empêche pas pour autant aujourd'hui des acteurs de regrouper plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines, de laboratoires sous leur coupe, en général en les coordonnant autour de plateaux techniques régionaux, où ont lieu les analyses.
Face à cette crainte de "financiarisation", certains biologistes choisissent de monter des groupements indépendants, à l'instar de Lab 72 au Mans, Biogroup en Alsace ou Somabio au niveau national.
D'autres réseaux, adossés à des investisseurs, voient également le jour.
C'est par exemple le cas du groupe Novescia, créé fin 2008, qui revendique à l'heure actuelle près de 150 laboratoires d'analyse médicale et dont le PDG Pierre Forest vise un chiffre d'affaires de 200 millions d'euros en 2011.
"On est au tout début de cette phase de concentration", selon le PDG de Novescia, "mais tout va dans le sens de cette transformation", assure-t-il dans un entretien avec l'AFP.
Selon des chiffres cités par M. Forest, les réseaux de laboratoires d'analyse représentent aujourd'hui en France environ 25% des 4.000 laboratoires privés existants.
Même les groupes plutôt tournés vers la biologie spécialisée, et qui s'adressent donc aux autres laboratoires et non pas directement aux patients, se lancent dans la danse.
insi, Biomnis, qui a annoncé une nouvelle levée de fonds de 150 millions d'euros jeudi, va utiliser une partie de cette manne "pour participer à la consolidation du secteur de la biologie de ville", explique à l'AFP son PDG Pierre-Yves Guiavarch.
Le laboratoire Cerba, repris l'an passé par le fonds d'investissement PAI Partners, avait alors lui aussi affirmé son désir de participer au mouvement.
Aux yeux des analystes de Xerfi, près d'un tiers du parc de laboratoires français d'analyse médicale devrait avoir disparu d'ici 2020.
Source : (AFP) Auteur : De Martin de MONTVALON

21/05/11

AES Laboratoire. Le groupe breton racheté par BioMerieux

AES Laboratoire va changer de mains. Le groupe lyonnais de diagnostic médical BioMerieux a signé un protocole d'acquisition de la société basée à Bruz. BioMerieux va racheter 100% du capital pour un montant de 183millions d'euros. AES est le cinquième fabricant mondial de produits de contrôle utilisés en laboratoire (fabrication de milieux de culture, échantillons, tests...) pour l'industrie agroalimentaire ou pharmaceutique entre autres. Le groupe emploie 400 personnes dans le monde dont environ 300 en Bretagne (Bruz, Combourg et Saint-Brieuc). La société réalise un chiffre d'affaires d'environ 76millions d'euros, contre 1,4milliard pour BioMerieux. L'acquisition devrait être finalisée durant l'été. «Les différents actionnaires ont souhaité céder leurs parts. J'arrive aussi à un âge où il faut penser à passer le relais dans les meilleures conditions possibles», explique le président et fondateur du groupe, Alain Le Roch. Âgé de 65 ans et disposant (avant le rachat) de 30% du capital, il va rester à la tête du groupe «encore deux ans durant la phase de transition». Selon lui, BioMerieux a proposé le meilleur projet de reprise.

Maintien de l'emploi
«Trois candidats américains étaient en lice, certains avec des meilleurs projets financiers, mais nous avons privilégié l'aspect industriel. Nous avons eu des garanties sur le maintien et même le développement de l'emploi sur le bassin breton.» AES va en effet accroître ses capacités de production sur son site de Combourg. «Nos deux entreprises sont complémentaires: nous possédons une technologie innovante et souhaitons nous développer à l'international. BioMerieux dispose d'une force commerciale à l'étranger», conclut Alain Le Roch
source : Sebastien Bei - Letelegramme.com 
http://www.letelegramme.com/ig/generales/economie/aes-laboratoire-le-groupe-breton-rachete-par-biomerieux-21-05-2011-1308535.php

23/04/11

En marche contre l'expérimentation animale

Elle tue chaque année 12 millions d'animaux en Europe et près d'un milliard dans le monde. Le samedi 23 avril prochain, l'expérimentation animale sera prise pour cible: un grand rassemblement est prévu à Paris pour protester contre l'utilisation des animaux de laboratoire...

Les associations se mobilisent plus que jamais. Le 23 avril, lors de la Journée mondiale des animaux dans les laboratoires, elles seront dans les rues de Paris pour protester. Contre quoi ? Des laboratoires qui traitent les animaux comme du simple matériel biologique d’expérimentation. A l’origine de cette manifestation, la révision de la directive européenne 86/609/CEE, devenue la Directive 2010/63/EU sur l’encadrement des expériences sur les animaux.

Présenté par ses défenseurs comme un véritable plus dans le bien-être animal, le texte est unilatéralement rejeté par International Campaigns, la Fondation Brigitte Bardot, 30 millions d’amis et Antidote Europe. Il prévoit, par exemple, de tester plusieurs fois l’animal tant que la douleur de l’expérience est considérée faible ou modérée par les praticiens ! Autre « avancée » : laisser à l’appréciation du chirurgien la possibilité d’anesthésier ou non l’animal.

Selon 30 millions d’amis et d’autres associations, ce texte autorise également, comme sa version précédente de 1986, les expériences sur les chats et chiens et les animaux domestiques errants. Un rapport One Voice, association de défense animale, indiquait d’ailleurs en 2007 que les chats et chiens étaient utilisés dans les labos par les scientifiques qui provoquaient des infarctus chez des chiens conscients, les empoisonnaient, leur greffaient des corps contaminés ou implantaient des électrodes dans le cerveau des chats pour étudier leur sommeil.

Mais depuis 2009, une alternative semble exister. Elle s’appelle Valitox. Associations et Fondations se sont regroupées pour financer cette méthode qui substituerait progressivement les tests sur cellules humaines aux tests sur animaux. Et les résultats sont là : en 2008, la preuve du concept a été apportée, la fiabilité de cette méthode était de 82%, contre seulement 65% pour les tests souris et 61% pour les tests rats. Après avoir résolu les problèmes de faux négatifs -test qui ne détecte pas ce pour quoi il est conçu-, Valitox a été présentée au Centre européen de validation des méthodes alternatives en 2009. Affaire à suivre donc…

Rappelons enfin que chaque jour, dans les laboratoires français, plus de 7 000 animaux sont tués après avoir souffert. Et ce, en toute légalité.

Plus d’infos : http://www.semaine-mondiale-animaux-laboratoire.org/
Source : http://www.20minutes.fr/article/711965/planete-en-marche-contre-experimentation-animale

13/04/11

Le Téléthon créé son laboratoire pharmaceutique

À la faveur d'un amendement législatif, l'Association Française contre les Myopathies (AFM) peut désormais fabriquer et vendre des médicaments. Le Généthon Bioprod devient le premier laboratoire à but non lucratif.

«Nous l'avons fait parce que personne n'a voulu le faire». Voilà en substance le message délivré par Laurence Tiennot-Herment, la présidente de l'Association Française contre les Myopathies (AFM), au moment d'évoquer la nouvelle aventure dans laquelle s'est lancée son association, rendue célèbre par l'organisation du Téléthon.

Depuis 20 ans, Généthon est le laboratoire de recherche du Téléthon, spécialisé dans le développement des thérapies issues de la connaissance des gênes, la fameuse «thérapie génique». Mais cette année, le Généthon franchit une nouvelle étape, en obtenant le droit de créer son propre établissement pharmaceutique pour fabriquer des médicaments de thérapie innovante dans les maladies rares : Généthon Bioprod. Pour ce faire, l'AFM a d'abord dû passer par un processus

inédit: l'octroi du statut de laboratoire pharmaceutique à une association à but non lucratif. Auparavant, seule une société privée pouvait obtenir auprès de l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps), l'autorisation d'ouvrir un établissement pharmaceutique.

L'assurance de pouvoir mener les médicaments jusqu'au marché
A la faveur d'un amendement législatif intervenu le 22 mars dernier, Généthon Bioprod pourra donc produire et commercialiser des médicaments de thérapie génique. «C'est essentiel pour nous, précise Laurence Tiennot-Herment car si notre statut d'établissement de thérapie génique et cellulaire (ETGC) nous permettait déjà de mener des essais cliniques de phases I et II, sans cet amendement, nous n'aurions pu continuer plus loin le développement des produits».

Certes la mise sur le marché de ces médicaments pour les malades n'est pas encore pour tout de suite, mais le tout nouveau laboratoire produira donc bien dès la fin de l'année des lots de médicaments pour des essais I/II (tests d'efficacité et de sécurité sur un nombre restreints de patients), et ce, avec l'assurance de pouvoir poursuivre seule la production, voire la commercialisation si les industriels ne prenaient pas le relais.

Au total, cinq études cliniques seront menées dans des maladies orphelines comme la myopathie de Duchenne (maladie des muscles), dans deux types de maladies des yeux, dans une maladie du foie et dans une maladie du système immunitaire. La construction du bâtiment situé à Evry aura coûté 28 millions d'euros, dont 23 millions financés par les collectivités territoriales. Au total, la totalité du financement des équipes (50 à 60 personnes à terme) et de fonctionnement du centre de production, soit 8 millions d'euros, sera assurée par l'AFM grâce aux dons issus du Téléthon (90 millions d'euros en 2010).

Par ailleurs, l'AFM a reçu il y a trois semaines le label de démonstrateur pré-industriel, lui assurant un financement de 20 millions d'euros sur trois ans.À pleine capacité, Généthon Bioprod vise une production de 20 lots cliniques par an.

Vers un nouveau modèle économique?
Reste que le financement à long terme de ces programmes ne peut aller qu'en s'accroissant et que la seule générosité publique ne suffira pas: l'AMF estime en effet à un milliard d'euros les besoins sur 6 ans, à rythme de production identique. Au delà de modes innovants de financement (partenariat public-privé, voire financement totalement public en échange d'un prix de vente très raisonnable), l'AMF pourrait aussi aller sonner à la porte des géants privés du secteur. Mais de ce côté, les mentalités évoluent encore lentement.

«Si les big pharma sont de plus en plus présentes sur le front des maladies rares, elles restent cruellement absentes des premières phases de développement des traitements (du préclinique à la phase 1) et sur le front des thérapies innovantes comme la thérapie génique ou la thérapie cellulaire» expliquait d'ailleurs Laurence Tiennot-Herment au moment de l'octroi du nouveau statut de Généthon.

Pour les grands laboratoires, les maladies rares ou orphelines, longtemps considérées comme incurables et avec une trop faible prévalence (moins d'un cas sur 2000 individus) n'ont jamais été une priorité. « Ils commencent à s'y intéresser, tempère toutefois la présidente, car eux-mêmes sont en panne d'innovation thérapeutique, et ils explorent aujourd'hui beaucoup plus de relais de croissance qu'il y a 15 ans».